Changement climatique

GettyImages

Climadiag Chaleur en ville : comment adapter sa ville à la surchauffe urbaine ?

21/05/2026

Météo-France propose aux collectivités locales le service Climadiag Chaleur en ville pour caractériser la surchauffe urbaine et simuler l'effet des politiques publiques destinées à la réduire.

Un des atouts de la modélisation employée par Météo-France est de pouvoir modifier les données décrivant l’occupation du sol en entrée du modèle, afin d’évaluer l’impact de scénarios d’adaptation comme la réduction des surfaces imperméables par végétalisation, ou l'ajout d'arbres sur des espaces végétalisés existants ou bien encore la pose de matériaux réfléchissants sur les toits ou les murs extérieurs par exemple.
 

Que permet le service Climadiag Chaleur en ville ?

Ce service payant permet de caractériser l’intensité actuelle de la surchauffe urbaine (dont le phénomène d’îlot de chaleur urbain), et de connaître l’évolution du nombre de nuits chaudes et très chaudes, quartier par quartier, pour les niveaux de réchauffement de la TRACC aux horizons 2030, 2050 et 2100 grâce à une modélisation à très haute résolution (100 mètres).

Climadiag Chaleur en ville : quels résultats peut fournir une étude sur la surchauffe urbaine ?

Climadiag Chaleur en ville permet pour chaque commune étudiée de : 

  • obtenir un diagnostic actuel à haute résolution (jusqu'à 100 mètres) de l’effet d’îlot de chaleur urbain de l’air et du confort thermique des habitants à l’échelle de leur territoire, permettant de cibler les quartiers les plus exposés et pouvant donc nécessiter des aménagements ou la mise en place de solutions plus ponctuelles pour lutter contre ces effets ;
     
  • évaluer l’impact de scénarios d’adaptation (verdissement de la ville, changement d'albédo des matériaux, dés-imperméabilisation...) sur l’îlot de chaleur urbain et le stress thermique (100 m de résolution) ;
     
  • connaître l’évolution de la température nocturne en ville en climat futur (100 m de résolution) avec ou sans scénario d’aménagement pour anticiper les politiques d’adaptation.

Ce que permet Climadiag Chaleur en ville : deux territoires témoignent

Les études réalisées par Météo-France illustrent deux usages complémentaires du service : établir un diagnostic prospectif pour anticiper les effets du changement climatique, et simuler des scénarios d'adaptation pour éclairer les décisions d'aménagement.

Identifier les zones les plus exposées à la chaleur urbaine en climat futur : l'exemple du Grand Reims (Marne)

Dans le cadre de l'offre Climadiag Chaleur en ville, Météo-France a réalisé pour le Grand Reims un diagnostic de l'îlot de chaleur urbain (ICU) à 100 mètres de résolution et une projection en climat futur aux horizons 2030, 2050 et 2100 de la Trajectoire de réchauffement de référence pour l'adaptation au changement climatique (TRACC). 

Ce que montre l'étude
Le nombre de nuits chaudes en ville augmente fortement en climat futur : le maximum à l'échelle de la ville de Reims passe d'environ 27 nuits en climat passé (période 1976-2005) à plus de 50 nuits en climat à l’horizon 2050, et près de 70 nuits à l'horizon 2100. Les nuits très chaudes,  peu fréquentes en climat passé, deviennent beaucoup plus nombreuses, jusqu'à 20 nuits par an à l'horizon 2100. 
Tous les quartiers sont concernés, avec une surexposition des secteurs les plus denses en cœur urbain.

Évolution du nombre de nuits très chaudes à Reims en climat passé et futur

Cartographie de l’augmentation des nuits très chaudes (≥ 24 °C) sur la ville de Reims, avec un maximum de 3 nuits en climat passé à un maximum de 20 nuits à l’horizon 2100. Les quartiers soumis à ces maxima correspondent aux quartiers exposés aux valeurs d’ICU les plus fortes.

 

Climat passé (1976-2005)
 

Horizon 2100
 

Nuits chaudes (≥ 20 °C)
 
~27 par an
 
près de 70 par an
 
Nuits très chaudes (≥ 24 °C)
 
~3 par an
 
jusqu'à 20 par an
 

« L'étude Climadiag Chaleur en ville nous a permis de définir spatialement, de préciser le phénomène d'îlot de chaleur urbain. Et également de le quantifier, d'en mesurer l'intensité. » 
Bertrand Rigal, directeur de la Transition écologique, communauté urbaine du Grand Reims

Vidéo : la communauté urbaine du Grand Reims (Marne) témoigne

  • Afficher la transcription

    Bertrand Rigal, directeur de la Transition écologique, communauté urbaine du Grand Reims (Marne)

    Pourquoi s’intéresser au phénomène d’îlot de chaleur urbain sur votre territoire ?
    Lors de l'élaboration du plan climat-air-énergie territorial du Grand Reims (Marne), une étude est parue menée par Météo-France (une unité mixte de Météo-France et du CNRS), et qui diagnostiquait le phénomène d'îlot de chaleur urbain. Dans le cadre de cette étude, Reims apparaissait en cinquième place parmi les 42 aires urbaines étudiées par Météo-France et le CNRS.

    Que retenez-vous de votre étude avec Climadiag Chaleur en ville ?
    Ça nous a permis de définir spatialement, de préciser le phénomène d'îlot de chaleur urbain. Et également de le quantifier, d'en mesurer l'intensité. En été normal, le phénomène d'îlot de chaleur urbain sur certains quartiers de Reims, c'est de l'ordre de +4 °C par rapport à la moyenne du territoire. En période d'été caniculaire, ça peut monter jusqu'à d'îlot de chaleur urbain. On a vu également que certains quartiers très compacts de la ville-centre, donc Reims, étaient touchés, mais pas uniquement. Également des communes qui sont à l'extérieur de Reims, et même séparées par des zones végétalisées ou des zones agricoles sont exposées au phénomène d'îlot de chaleur urbain, certes avec une moindre intensité, mais quand même une intensité remarquable.

    Pourquoi est-ce nécessaire de diagnostiquer la surchauffe urbaine ?
    Ce que je dirais aux autres collectivités, quelle que soit la taille. Il est vrai qu'on pense de prime abord aux aires urbaines, aux grandes aires urbaines, mais on s'aperçoit dans notre étude avec Météo-France et le Cerema que des communes plus rurales peuvent être touchées. Je dirais que c'est un travail de diagnostic préalable qui est très important. L'adaptation au changement climatique comme l'atténuation, c'est une priorité. Il ne faut pas perdre de temps, il faut s'engager dans l'action, mais pas n'importe comment. Donc ce travail réalisé avec Météo-France a permis et permettra aux collectivités autres que Reims et le Grand Reims, de cibler leurs actions, de prioriser les investissements.

Tester des scénarios d'adaptation en climat actuel et futur : l'exemple de Paris Terres d'Envol (Seine-Saint-Denis)

Dans le cadre de l'offre Climadiag Chaleur en ville, Météo-France a analysé l'impact de quatre scénarios d'adaptation sur la surchauffe urbaine du territoire, avec des projections aux horizons 2030, 2050 et 2100 de la TRACC.

Ce que montre l'étude
Sans action d'adaptation, le nombre de nuits chaudes (≥ 20 °C) devrait doubler d'ici à 2050.
Les actions prises isolément sont efficaces, mais c'est la combinaison des leviers qui apporte les bénéfices les plus importants.
Les scénarios combinés permettent de réduire à moins de 20 % les zones présentant un ICU supérieur à 2 °C.

Cartes d’ICU pour le territoire de Paris Terres d’Envol : territoire actuel (non adapté)/ territoire adapté

Lors d’une situation caniculaire de référence (24 juillet 2019), la surchauffe urbaine est fortement réduite (à droite) grâce à un scénario combinant végétalisation, désimperméabilisation et éclaircissement des surfaces urbaines : l’ICU moyen baisse d’environ 40 % et la part du territoire exposée à un ICU de 2 à 3 °C passe de 52 % à 18 %.

« Cette étude va nous aider à concevoir des aménagements plus résilients, agréables à vivre et durables pour les habitants. »
Communauté d'agglomération Paris Terres d'Envol

Comment disposer d'un premier niveau d'information sur l'évolution du nombre de nuits chaudes sur sa ville en climat futur ?

Météo-France met à disposition un premier niveau d’information sur le site internet Climadiag Commune (rubrique “Santé”) relatif à l'évolution du nombre annuel de nuits chaudes à l'échelle de la ville.