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La brise

23/06/2026

Le régime de brise est un phénomène venteux local, provoqué par des contrastes de température entre deux zones voisines. Ces mouvements d’air se forment dans différents environnements, notamment entre la terre et la mer, ou entre les pentes et les vallées en montagne. Explications.

Qu’est-ce que la brise ?

La brise est un vent à part entière, mais un vent local, souvent faible à modéré (15 à 30 km/h en moyenne, parfois jusqu’à 50 km/h). Elle se distingue des grands vents synoptiques (vents tournant autour d’une dépression, alizés…) ou des vents régionaux, par sa petite échelle spatiale et ses conditions de formation.

Bon à savoir

Il ne faut pas confondre le régime de brise avec le terme de “brise” utilisé en météorologie marine pour désigner des vents faibles, compris entre 2 et 5 selon l’échelle de Beaufort. On les nomme alors plus précisément légère brise, petite brise, jolie brise ou bonne brise.

Où souffle la brise ?

La brise souffle sur tous les massifs pour les brises de pentes/vallées, et près des littoraux maritimes ou des lacs pour la brise de mer.

Pourquoi n’y a-t-il pas de brise en hiver ?

La brise est nettement plus rare en hiver, car le rayonnement solaire en journée est largement limité en cette saison, et réchauffe très peu les sols, ce qui fait que l’effet est très souvent insuffisant pour déclencher le phénomène. 

Comment se forme la brise ?

La brise résulte d’un réchauffement différentiel : certaines surfaces se réchauffent ou se refroidissent plus vite que d’autres, modifiant localement la pression de l’air et provoquant des déplacements d’air entre ces zones. Que provoque ce réchauffement inégal ? L’air au-dessus des surfaces chaudes devient plus léger et monte (phénomène de convection), créant une zone de basse pression. 
Sur cette zone de basse pression, l’air plus frais et plus dense, qui se trouve sur la zone moins chaude, se déplace pour remplacer l’air chaud qui s’élève. C’est ce flux d’air qui constitue la brise.

Ce réchauffement différentiel s’opère entre l'air au-dessus de la terre et celui au-dessus de la mer ou d'un lac. Mais également en montagne, entre différences de températures des pentes et vallées.

Brises littorales

Brise de mer

La brise de mer désigne les vents soufflant le long des zones littorales de la mer vers la terre en journée, surtout l’après-midi. La terre étant plus chaude que la mer en journée, la brise de mer rafraîchit ainsi les zones côtières en apportant la fraîcheur maritime.


L’épaisseur de la couche intéressée par ce phénomène est de l’ordre de 1 000 à 2 000 mètres en moyenne.

Front de brise

La brise de mer s’initie en général vers la fin de matinée/mi-journée et mène à la formation d’un front de brise (limite entre masse d’air frais d’origine marine et masse d’air chaud terrestre) parfois rendu visible par un cordon de cumulus (ou de cumulonimbus en cas d’air très instable) relativement parallèle au trait de côte.
Ainsi, d'un point de vue climatologique, dans l’Hexagone, en période estivale (voire dès le printemps), l’ensoleillement s’en trouve augmenté en moyenne sur les littoraux par rapport à l’intérieur des terres.

En situation de marais barométrique (c’est-à-dire une zone de grande échelle où la pression atmosphérique varie peu), ce front de brise tend généralement à progresser vers l’intérieur des terres au fur et à mesure que le différentiel thermique entre la mer et la terre s’accroît en cours d’après-midi. Dans d’autres cas plus spécifiques (si par exemple la brise marine est contrariée par un léger vent dominant venant de la terre ou si elle se heurte à des reliefs), le front de brise peut faire du sur-place, et générer des cumuls de pluie, voire aller jusqu’à l’orage (et dans des cas encore plus rares être le siège de tubas ou tornades de faibles intensités).

Attention néanmoins, ces brises de mer peuvent aussi ramener et faire persister en cours d’après-midi des plaques de stratus initialement présentes en mer jusque sur les plages. Exemple ci-dessous sur une partie de la côte d’Albâtre...


Image satellite NOAA-21 du 16 juin 2025 vers 16h légales

Brise de terre

La brise de terre correspond aux vents soufflant de la terre vers la mer, surtout en deuxième partie de nuit. La terre étant plus froide que la mer la nuit, la fraîcheur des terres gagne ainsi la zone maritime côtière en période nocturne.

La brise de terre est d’intensité moindre que la brise de mer. Elle peut se combiner à des effets orographiques (type brise de vallée comme par exemple dans les valleuses de Seine-Maritime, perpendiculaires à la côte) et le vent résultant peut souffler localement un peu plus.



Brises de montagne

Brise de pente

Dès qu’il y a du relief, même modeste, la brise de pente désigne les vents soufflant le long d’une pente.

  • En journée, les pentes d'un relief sont plus exposées au soleil et donc plus réchauffées que le fond de la vallée. Ainsi l’air venant du fond de vallée remonte la pente et rafraîchit l’atmosphère sur les pentes, c’est une brise montante.
  • La nuit, les pentes se refroidissent et l’air froid qui les surmonte s’écoule par gravité vers le fond de la vallée. Ainsi l’air froid des pentes chasse l’air relativement doux du fond de la vallée, qui finit par devenir plus froid qu’au-dessus des pentes : ce qu’on appelle une inversion thermique, c’est une brise descendante.

Brise de vallée

Ce qu’on appelle brise de vallée est un vent plus organisé et étendu qu’une simple brise de pente. En journée, il s’agit d’une brise montante qui se compose de nombreuses brises de pente qui remontent la vallée. La nuit, il s’agit d’une brise de pente descendante à laquelle contribuent les brises des pentes qui composent et bordent la vallée.

Quelle est la différence entre la brise et la bise ?

La brise est un phénomène météorologique assez localisé. Par exemple, une brise de mer peut s’étendre jusqu’à une cinquantaine de kilomètres dans l’intérieur des terres depuis le littoral, et de force au plus modérée. La bise quant à elle est un vent d’échelle synoptique (grande échelle météorologique de l’ordre du millier de kilomètres) liée à la position des anticyclones et des dépressions, qui peut souffler jusqu’en tempête, dans des cas certes assez rares.

Qu’est-ce qu’un effet de brise ?

Un effet de brise décrit la mise en place d’une brise et de ses effets sur l’évolution du vent, de la température, de l’humidité ou de la nébulosité côtière par exemple.

 Cédric Deschamps, chef prévisionniste régional Ouest à Météo-France« Les effets de la brise peuvent sembler anecdotiques, mais en fait ces phénomènes peuvent intéresser un spectre large de populations et d’activités. Par exemple, les villes côtières sont susceptibles de bénéficier d’une certaine régulation thermique et réduction des effets d’îlots de chaleur urbain. Ce sujet est encore plus d'actualité dans le cadre de l’adaptation au changement climatique. Les secteurs de la plaisance, de la navigation côtière, du vol à voile, du tourisme, ou bien de l’éolien off-shore sont également concernés par ces brises. En tant que prévisionniste feux de forêts, je rajouterai que Météo-France accompagne aussi et informe le plus précisément possible les acteurs de la Sécurité civile à leur sujet. En effet, les modifications des conditions météorologiques induites par la formation de ces brises, peuvent jouer un rôle important dans la stratégie de lutte contre les feux. »
 Cédric Deschamps, chef prévisionniste régional Ouest à Météo-France

Quel est l’état de l’art dans la prévision de ces phénomènes de brises ?

Météo-France opère et améliore en permanence le modèle à maille fine AROME, disponible tant sur l’Europe de l’Ouest que sur les territoires ultramarins. Ce modèle intègre une représentation fine du trait de côte, des types de surface et du relief. Ainsi ces phénomènes de brise, d’assez petite échelle, sont généralement bien modélisés.

Néanmoins, une expertise humaine combinant connaissances météorologiques et techniques de prévision peut être nécessaire pour cerner au mieux la prévisibilité de ces phénomènes et affiner leur chrononologie ou intensité.