A la une Des crues importantes sont en cours comme ici à Saintes (17).

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40 jours de pluie consécutifs sur le pays, une série inédite

23/02/2026

Il a plu de manière continue sur l'Hexagone entre le 14 janvier et le 22 février 2026, soit 40 jours consécutifs : il s’agit de la série de jours de pluie consécutifs la plus longue mesurée en France depuis le début des mesures en 1959.

Pedro, Nils, Ingrid, Goretti… Tempêtes et perturbations se succèdent

Depuis mi janvier, les tempêtes Goretti, Ingrid, Nils, Pedro se sont succédé dans un flux perturbé et ont apporté un temps très pluvieux sur le pays. La Bretagne, le quart Sud-Ouest, et le pourtour méditerranéen sont en première ligne.

Il a donc plu 40 jours consécutifs sur le pays: il s’agit de la série de jours de pluie consécutifs la plus longue mesurée en France depuis le début des mesures en 1959. On considère comme « jour de pluie » une journée dont le cumul moyen sur le territoire (ici à l’échelle du pays) égale ou dépasse 1 millimètre.

Lundi 23 février  a mis un terme à cette série, avec l’arrivée d’une période de temps sec et doux.

Ces précipitations sont tombées sur des sols déjà saturés et des rivières avec un niveau particulièrement haut et engendrent de nombreuses inondations et débordement de cours d'eau.

L'hiver 2025-2026, un des 10 hivers les plus pluvieux

À l’échelle du pays, l’hiver 2025 - 2026 figurera parmi les 10 hivers les plus pluvieux depuis le début des données en 1959. Depuis le 1er janvier, il est tombé l'équivalent d'un hiver entier de précipitations, voire plus, sur la pointe bretonne, un large quart Sud-Ouest et le pourtour méditerranéen.
On a ainsi enregistré depuis début le 1er janvier 2026 :

  • 588 mm à Quimper dans le Finistère (normale pour l’hiver météo, soit décembre-janvier-février : 412 mm) ;
  • 321 mm à Bordeaux en Gironde (normale pour l’hiver : 260 mm) ;
  • 203 mm à Toulouse en Haute-Garonne (normale pour l’hiver : 139 mm).

Février est déjà le plus pluvieux jamais observé

Avec une pluie continue tout au long du mois, février 2026 est déjà le mois de février le plus pluvieux depuis 1959 en moyenne sur le pays avec plus de 2 fois la normale mensuelle.

Les précipitations tombent sur des sols saturés en eau, limitant l'infiltration des pluies et provoquant des inondations remarquables sur une grande partie du pays. Des crues importantes à majeures  touchent encore l’ouest du pays menaçant les personnes et les biens. Depuis vendredi, un temps plus sec s’est installé. Cette accalmie favorise la décrue en amont et la propagation des crues vers l’aval. Plus d'informations sur Vigicrues.

Ces pluies permettront-elles de limiter la sécheresse au printemps ?

Ces précipitations régulières ont permis aux sols de s'humidifier et de retrouver un état proche des normales mi-janvier. Les nappes phréatiques se sont également remplies.
Les pluies ayant continué, les sols ont fini par saturer jusqu'à atteindre des niveaux record jamais observés en février depuis 1959 depuis le 12 février.
Ces pluies permettront de retarder l'assèchement des sols au printemps. En revanche, cela n'écarte pas le risque de sécheresse à l'été qui dépendra de la pluviométrie et des températures printanières et estivales.

À quoi ressembleront nos hivers futurs ? 

Une atmosphère plus chaude contient davantage de vapeur d’eau, ce qui augmente le potentiel de précipitations intenses, tout en modifiant leur rythme.  Les extrêmes de précipitations se renforcent dans un climat plus chaud. 

Les projections climatiques issues de la TRACC (Trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique) indiquent que les hivers deviendraient globalement plus pluvieux et les étés plus secs.

Des hivers plus humides

  • Dès +2,7 °C de réchauffement (horizon 2050 de la TRACC), les précipitations hivernales augmentent sur une grande partie du territoire, en particulier dans le nord et l’ouest du pays. Cette hausse atteint en moyenne +20 %, avec une large incertitude selon les régions et les modèles (entre -8 % et +36 %).
  • À +4 °C (horizon 2100 de la TRACC), la tendance se confirme avec des hausses moyennes comprises entre +17 % et +20 %, pouvant localement dépasser +40 %. Cela signifie des hivers globalement plus humides, avec une fréquence accrue des épisodes de fortes pluies