Infos météo Les températures restent en dessous des normales de saison les prochains jours, sans froid excessif

Météo-France / Eddy Duluc

Météo hivernale : le point sur la situation et ses incertitudes

02/12/2022

L’hiver météorologique a débuté ce 1er décembre, avec l’arrivée d’un temps plus hivernal.

Une masse d’air froid fait baisser le mercure depuis mercredi. Les températures resteront en dessous des normales de saison les prochains jours, sans froid excessif.

La baisse des températures est sensible cette fin de semaine, avec des températures de 2 à 5 degrés inférieures aux normales saisonnières en fonction des régions, 3 à 4 °C en moyenne à l'échelle de la France. Quelques faibles gelées sont possibles par endroits mais le plus souvent les températures minimales sont comprises entre 0 et 4 °C, un peu plus près du littoral méditerranéen. L'après-midi, les températures se situent généralement entre 3 et 6 ° C au nord, 7 à 9 °C sur le Sud-Ouest et jusqu’à 11 à 13 °C autour de la Méditerranée. La montée des températures au cours de la journée est généralement faible à cause de la couverture nuageuse présente sur de nombreuses régions et qui limite l’ensoleillement.

Les prochaines journées, nous allons conserver des températures inférieures aux normales de saison, sans évolution majeure, avec un froid un peu plus marqué sur une large moitié nord.
 

Pour rester informés, consultez la carte de Vigilance météorologique.

Va-t-on avoir froid ?

La sensation de froid est naturellement renforcée au sortir d’un automne très chaud (le deuxième plus chaud depuis le début des mesures) comme l’ensemble de l’année 2022. Les périodes de froid sont en effet de plus en plus rares et de moins en moins intenses sous l’effet du réchauffement climatique. Ainsi les hivers 2014 à 2021 ont tous connu une température moyenne au-dessus des normales. De plus, 4 des 5 hivers les plus chauds ont été observés ces 15 dernières années (2007, 2014, 2016 et 2020).

En savoir plus

Premiers flocons à basse altitude

Samedi, des précipitations s'étendront du pourtour méditerranéen au Massif central, donnant de la neige au-dessus de 600 mètres. Sur le reste du pays, la grisaille restera bien présente, accompagnée parfois de quelques faibles précipitations sous forme de pluie et neige mêlées, sans risque de tenue significative au sol.

Dimanche, la perturbation se décalera vers les Alpes avec une limite entre pluie et neige légèrement en hausse. Le scénario prévu sera progressivement affiné.

Peut-on parler de vague de froid ?

Une vague de froid répond à une définition précise. Pour qu'un épisode soit identifié comme tel il faut que la moyenne des températures en France (l’indicateur thermique des températures moyennes est une moyenne des températures calculée sur 30 stations réparties sur le territoire, de jour comme de nuit) descende au moins une journée sous le seuil des -2 °C, et qu’il fasse moins de 0,9 °C pendant une durée minimale de 3 jours. Les prévisions de températures décrites ci-dessus indiquent que la semaine à venir n’est pas concernée par ces seuils relatifs à une vague de froid.

Pourquoi est-il difficile de prévoir la neige en plaine ?

Une situation à neige, c'est d'abord une perturbation avec deux masses d'air en conflit, de l'air froid d'un côté, de l'air doux et humide de l'autre. Pour prévoir la neige et déterminer sa quantité, les prévisionnistes doivent d'une part évaluer l'activité et l'évolution de la perturbation, d'autre part estimer le plus précisément possible les températures de l'air et du sol. La prévision devient difficile lorsque la température avoisine 0 °C car l'eau peut facilement et rapidement passer de l'état liquide à l'état solide et inversement.

Enfin, la prévision de la neige en plaine ne concerne pas seulement celle des chutes de neige. Elle englobe aussi celle de l'évolution de la couche déjà déposée : son maintien au sol, sa fonte, son regel possible si elle est humide et la formation de plaques de verglas, l'évolution de son épaisseur et de sa qualité, la durée et la vitesse d'évolution entre ces différents états.

Une évolution encore incertaine

La situation

Dès ce mercredi 30 novembre, un vaste anticyclone (zone de haute pression) positionné sur la Russie et la Scandinavie étend son influence jusqu’à la France. Il favorise l’arrivée d’une masse d’air froid sur le pays, qui alimente la grisaille dans un flux d’est. Les températures baissent ainsi en fin de semaine, passant au-dessous des normales de saison sur une large moitié nord du pays. Au sud, le rafraîchissement est plus limité.

Les incertitudes

Un anticyclone, avec de hautes pressions, a tendance à bloquer l’entrée des perturbations et le flux plus doux d’air océanique. La semaine prochaine, la France se trouvera à l’extrémité de l’influence de l’anticyclone tandis qu’une goutte froide positionnée sur l’Atlantique pourrait, dans un mouvement inverse, faire remonter à l’avant de l’air plus doux et plus humide en provenance de Méditerranée. Il est actuellement difficile de prévoir avec précision le positionnement de cette goutte froide, et par voie de conséquence l’importance et la zone concernée par ces remontées d’air plus doux à l’avant. Les différents modèles présentent en effet des divergences dans leur scénario, qui ne permettent pas de conclure sur l’effet qui prédominera.

En savoir plus : qu'est ce qu'une " goutte froide " ?